Amendement rejeté : un pas en avant pour la vie privée en ligne

L’Assemblée nationale a rejeté un amendement controversé visant à imposer des portes dérobées aux messageries chiffrées telles que WhatsApp, Signal, Telegram et Olvid. Une victoire pour la vie privée et la cybersécurité.
Article 8 ter : au cœur du débat
Dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 mars, une décision importante a été prise par l’Assemblée nationale. L’article 8 ter, initialement introduit par le Sénat dans le cadre d’une loi visant à lutter contre la criminalité et notamment le narcotrafic, avait pour objectif de contraindre les messageries chiffrées à intégrer une porte dérobée (backdoor).
Porté par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, ce texte soulevait d’importants enjeux de sécurité et de respect des libertés. L’intégration d’une porte dérobée implique de revoir le fonctionnement de services comme WhatsApp, Signal, Telegram et Olvid qui utilisent le chiffrement bout en bout. Les messages échangés sont chiffrés, et en principe, seuls l’expéditeur et le destinataire sont en mesure de lire les messages.
Une disposition controversée massivement rejetée
Face à ces critiques, la commission des Lois de l’Assemblée nationale avait déjà supprimé cette disposition deux semaines auparavant. Malgré plusieurs tentatives de réintroduction via des amendements soutenus par le ministre Bruno Retailleau et la directrice de la DGSI, l’article 8 ter n’a pas été réintroduit dans le texte final.
Lors des débats, une agitation inhabituelle a gagné l’Hémicycle, amplifiée par une panne technique inédite du système de vote. Le résultat a été sans appel : seules 24 voix ont soutenu le retour de l’article, tandis que 119 députés se sont prononcés contre. Ainsi, il n’y aura pas de porte dérobée dans les services de messagerie, préservant ainsi le chiffrement de bout en bout.
Une bonne nouvelle pour la confidentialité des échanges numériques.
Source : www.it-connect.fr